Dans cet article, on parle de quelques millions de tonnes (vous voyez ce que ça fait déjà, 1 million ?), d'un monsieur nommé Jevons et de serveurs qui fonctionnent à la bouse de vache.
ou comment maîtriser notre impact environnemental, imaginer des technologies plus respectueuses du vivant et plus économes en énergie.
On vous espère en pleine forme, car on commence par se creuser les méninges ! Que diriez-vous d'un petit quiz ? Sans plus attendre, voici la question :
A. Les serveurs et les data centers
B. Les terminaux (ordinateurs, smartphones, IoT)
C. Les infrastructures (réseau, antennes)
La réponse à cette question... se cache dans cet article !
Pour bien comprendre l'impact du numérique sur notre belle planète, il faut faire le tour de la question et l'analyser sur tout son cycle. Rien de tel qu'un petit schéma pour mieux visualiser !
Ici, nous allons nous concentrer sur 3 étapes clés :
1. les matières premières nécessaires à la fabrication des équipements numériques,
2. l'utilisation de ces équipements,
3. et enfin, leur fin de vie.
D'après cet article des Numériques, tiré d'une étude de l'ADEME, il faut 200kg de matières premières pour fabriquer un smartphone de 5,5 pouces. Oui oui, un smartphone comme ceux qui tiennent (encore à peu près) dans notre poche. Et pas n'importe quelles matières premières, puisqu'il s'agit notamment de minerais rares, souvent extraits dans des conditions de travail pour le moins douteuses, quand elles ne sont pas proprement révoltantes.
Or, à chaque seconde, 50 smartphones sont vendus dans le monde. Grâce à une habile multiplication, on en déduit que cela représente chaque année 50 * 60 sec * 60 min * 24 h * 365 j * 200 kg = 300 millions de tonnes de matières premières. 300 millions de tonnes, pour fabriquer des smartphones, chaque année. Si – comme nous – vous avez parfois du mal à imaginer ce que représente une tonne de matière, dites-vous que c'est à peu près le poids d'une voiture (et qu'on produit chaque année 100 millions de voitures dans le monde, ici on parle donc de 3 fois plus de poids).
En parlant de voitures, accrochez votre ceinture car ce n'est pas fini !
Notre petit smartphone, après sa (courte) vie – en moyenne, toujours selon l'ADEME, les Français et les Françaises changent de smartphone tous les 2 ans – n'aura pas la chance de finir sa vie par un simple retour à la Terre...
En effet, d'après une étude de l'ONU, sur les 50 millions de tonnes de déchets électroniques produites dans le monde chaque année, plus de 80% ne sont même pas collectées pour être recyclées.
Même quand elles le sont, le recyclage de toutes ces pièces soudées ensemble s'avère bien difficile. C'est tout cet impact des phases de fabrication et de fin de vie qui explique que les terminaux électroniques, à la durée de vie bien plus courte que les infrastructures et les data centers, soient ceux qui contribuent le plus à l'impact environnemental du numérique.
Bien joué, le résultat du quiz était bien la réponse B. !
Pendant cette phase centrale du cycle de vie du numérique (en excluant fabrication et fin de vie donc), nos usages numériques, incluant data centers, terminaux et infrastructures, représentent 7,5% de notre consommation d'électricité (sources : en France, 35 TWh/an pour 470 TWh/an de consommation totale). C'est beaucoup, surtout pour un secteur qui n'existait pas ou presque à la naissance de la plupart d'entre nous !
Essayons de comprendre ce qui a basculé sur ces 10 dernières années.
Ainsi, non seulement nous sommes plus nombreux et nombreuses à utiliser internet (et on ne peut pas s'en plaindre compte tenu de ses intérêts sociaux – enfin c'est un autre sujet !), mais nous y passons également plus de temps, et chaque minute que nous y passons a elle-même plus d'impact qu'il y a 10 ans car nos usages sont bien plus consommateurs.
Entre la fabrication, la fin de vie et les usages, on cerne mieux comment le numérique se taille désormais une part de choix dans notre empreinte environnementale globale.
En parlant d'empreinte globale, s'il y avait un seul chiffre à retenir sur notre sujet du jour, ce serait celui-ci : le numérique est responsable de 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (à ce sujet, toutes les études semblent concorder). Surtout : ce chiffre est en augmentation de 9% par an !
Après tout, quand on voit le(s) progrès que nous ont apporté(s) les technologies, on est en droit de se dire que tout ceci est un mal pour un bien – et que certains secteurs sont encore pires – et que la tech permet aussi d'éviter certains impacts, donc tout cela doit bien se compenser... Voyons voir.
Savez-vous ce qu'est l'intensité énergétique d'une économie ? Il s'agit d'une mesure de son efficacité énergétique : elle est calculée en divisant sa consommation d'énergie par son PIB. Le rapport « Pour une sobriété numérique » du Shift Project nous apprend que l'intensité énergétique du numérique est en croissance de 4% par an dans le monde, alors que celle de l'économie mondiale baisse actuellement de 1,8% par an : notre cher numérique n'a donc pas un ratio revenus / énergie nécessaire très optimisé !
Aucune étude complète à notre connaissance ne dresse un portrait complet du numérique et de ses effets rebonds, pour savoir si sa contribution nette à l'environnement est positive ou non. On peut ici se contenter :
On peut déjà participer à un atelier de la Fresque du Numérique, pour comprendre encore mieux les différents impacts du numérique. Et pour passer directement à l'action, on peut...
en suivant les bons conseils de ce petit guide de l'ADEME, La face cachée du numérique, qui donne de nombreuses clés comme :
Et vous, vous avez des idées ? Envoyez-les-nous !
Pour continuer à explorer ce sujet, on vous conseille :
Toute l'équipe vous souhaite une excellente lecture ! On vous retrouve pour la prochaine cause : « Pour une technologie plus diverse ».
Cette série d'articles fait partie d'un parcours d'initiation à la Tech for Good que nous animons chaque mois. Pour vous y inscrire et échanger avec d'autres personnes qui réfléchissent à ces sujets, on vous donne rendez-vous ici.
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